Vous êtes-vous déjà demandé quels sont les vrais prix des produits — et pourquoi il peut y avoir un écart aussi important entre ceux pratiqués en Europe et en Asie du Sud-Est, par exemple ?
Dans cet article, nous commencerons par des exemples concrets de prix de produits, puis nous prendrons du recul pour vous laisser tirer vos propres conclusions sur l’écart que vous payez.
10 exemples
1. Lave-linge Casper

(84 € en Asie contre 249 € en Europe)
Un lave-linge basique en Asie du Sud-Est peut coûter aussi peu que 84 €. Ce prix inclut la livraison ainsi qu’une garantie de 12 ans pour un modèle fabriqué en Thaïlande.
Ce n’est pas un lave-linge sophistiqué — par exemple, il ne possède pas de chauffe-eau pour réchauffer l’eau, et le système de drainage repose probablement sur la gravité plutôt que sur une pompe. Mais il accomplit son travail, et bien.
Nous estimons qu’un produit comparable dans les pays occidentaux coûterait au moins 249 €.
2. Perceuse électrique Makita

(80 € en Asie contre 215 € en Europe)
Une perceuse Makita illustre la gamme de produits disponibles en Asie du Sud-Est. On peut y trouver un modèle contrefait pour seulement 6 €, une version fabriquée en Chine avec une fiabilité raisonnable pour environ 40 €, ou l’original professionnel authentique vendu autour de 80 €.
À titre de comparaison, le même produit original coûterait environ 215 € en Europe.
Quelques mots sur les perceuses électriques contrefaites bon marché

Il est important de noter que ces perceuses ne sont pas vraiment des outils au sens traditionnel. Elles peuvent accomplir des tâches basiques, mais fonctionnent plutôt comme des outils à usage unique ou très limité. Par exemple, les mèches métalliques et les embouts cruciformes se cassent ou s’usent souvent après une seule utilisation. Cela reste néanmoins étonnant de constater que de tels produits peuvent être fabriqués et vendus à ce prix.
3. Machine à coudre industrielle Juki DDL-900A-S

(200 € en Asie contre 1 000 € en Europe)
En Asie du Sud-Est, une véritable machine à coudre Juki DDL-900A-S fabriquée au Vietnam, remise à neuf avec un moteur à entraînement direct tiers et équipée d’une table et d’un système de pédale basiques, peut être achetée pour environ 200 €, livraison incluse.
En revanche, une Juki DDL-900-D d’occasion, fabriquée en Chine et proposée sur Leboncoin en France, se vend généralement autour de 1 000 €, hors frais de livraison.
Certains pourraient dire que c’est comparer des pommes et des oranges. C’est vrai, mais les deux machines produisent finalement un résultat très similaire.
4. McDonalds Double Cheese Best Of Menu

(3,35 € en Asie contre 9,25 € en Europe)
Puisque nous avons comparé des pommes et des oranges, regardons quelque chose de véritablement identique. McDonald’s a longtemps eu du mal à se développer au Vietnam, principalement parce qu’il dispose de peu d’avantages en termes de prix. Les aliments locaux, comme le bánh mì, sont conçus pour être peu coûteux, largement accessibles et même relativement sains.
En France, un menu Best of Double Cheese coûte 9,25 €, alors qu’au Vietnam, le même menu exact est à 3,35 € à ce moment précis.
5. Honda Vision d’occasion

(600 € en Asie contre 1 200 € en Europe)
Pour un Honda Vision d’occasion en Asie, il faut s’attendre à payer entre 500 € et 700 €. En France, le même modèle d’occasion se vend généralement entre 1 000 € et 1 400 €.
Cet écart de prix s’explique en grande partie par la taille du marché des scooters en Asie, où la demande et l’offre sont élevées et où les vendeurs sont généralement moins concentrés sur l’optimisation du prix de revente.
6. Chaussures pour enfants

(4,71 € en Asie contre 15 € en Europe)
Encore une fois, il s’agit d’un produit très basique : nous ne parlons pas d’acheter des baskets de marque ou des chaussures de designer, mais des chaussures pour enfants les plus simples, et dont les enfants grandissent de toute façon tous les six mois.
Une paire de chaussures au Vietnam (la plupart fabriquées localement) coûte environ 4,71 €, tandis qu’il est juste de dire qu’en Europe, le prix commence à 20 €. Si vous cherchez vraiment bien, vous pouvez en trouver à 15 €.
7. Godox AD 600 Pro II

(600 € en Asie contre 900 € en Europe)
Il s’agit d’un flash professionnel de photographie, un équipement destiné aux photographes professionnels. En théorie, les prix de ce type de produit devraient être relativement homogènes dans le monde.
Au Vietnam, il se vend pour environ 600 €, tandis qu’en France, le même modèle coûte environ 900 € — soit un écart de prix d’environ 33 %.
8. Sony 24-70mm GM II

(1 400 € en Asie contre 2 300 € en Europe)
Au Vietnam ou à Hong Kong, l’objectif Sony 24–70 mm GM II coûte environ 1 400 €, ce qui reste déjà cher selon n’importe quel standard.
En comparaison, le même objectif en France se vend autour de 2 300 € — alors qu’il s’agit exactement du même produit fabriqué par Sony.
9. Un Ticket de Cinéma

(3 € en Asie contre 12 € en Europe)
En France, un billet de cinéma standard sans réduction coûte entre 12 € et 14 € pour une séance classique, non 3D.
Au Vietnam, un billet pour le même film dans un cinéma standard est vendu autour de 3 €. Le film lui-même est identique, les studios distribuant les mêmes formats aux cinémas en fonction de la taille et du type de salle.
10. iPhone 16 Pro Max

(1 046,39 € en Asie contre 1 399,99 € en Europe)
Enfin, terminons cette liste avec l’un des appareils les plus reconnus au monde : le tout dernier iPhone.
Un iPhone 16 Pro Max coûte environ 1 046 € au Vietnam chez les revendeurs officiels, tandis que le même modèle est vendu autour de 1 400 € en Europe.
Le véritable coût d’un salaire
Dans les pays fortement taxés, le salaire que votre employeur paie est souvent le double de ce que vous recevez réellement. La moitié est absorbée par les charges sociales et les impôts, finançant la santé, les retraites et d’autres protections. Comprendre cet écart est essentiel pour comparer le niveau de vie ou évaluer ce que votre revenu achète réellement.
Ce qui est moins évident, c’est que ces taxes augmentent également le coût de presque tout le reste. Des courses aux services, les charges sociales, la TVA et les coûts réglementaires sont intégrés dans les prix, ce qui signifie que les citoyens paient beaucoup plus pour les mêmes biens que quelqu’un vivant dans un pays moins taxé. Le résultat est une double réduction du pouvoir d’achat réel : d’abord par ce que vous ne recevez pas, puis par ce que vous payez pour les besoins quotidiens.
Au final, la mesure la plus précise d’un revenu n’est pas le chiffre nominal sur votre contrat — c’est combien de votre vie vous devez échanger contre des biens et services. Plus une société est lourdement taxée, moins vous disposez de liberté, d’autonomie et de flexibilité : votre argent achète moins, votre temps est consommé plus vite, et des choix qui semblent évidents ailleurs deviennent contraints. Dans ce sens, la véritable richesse n’est pas seulement l’argent gagné, mais la vie préservée.
Ce que nécessite la véritable liberté financière
La véritable liberté financière ne se résume pas à gagner plus — il s’agit de maximiser ce que votre travail vous apporte réellement. Elle repose sur trois éléments clés :
- Contrôle de vos revenus – réduire au minimum les taxes, frais ou prélèvements inutiles afin que ce que vous gagnez reste réellement à vous pour dépenser, épargner ou investir.
- Pouvoir d’achat – s’assurer que ce que vous gagnez peut réellement acheter ce dont vous avez besoin et ce que vous valorisez. Si l’argent fuit à chaque achat à cause de taxes élevées, de prix gonflés ou de coûts cachés, même un patrimoine ou des économies hérités n’existent que symboliquement, et non concrètement.
- Autonomie sur votre temps – la véritable monnaie est votre temps. La liberté financière signifie réduire le nombre d’heures de vie que vous devez échanger pour couvrir vos besoins essentiels, afin de disposer de marge pour vos choix, votre croissance,
la production d’une plus grande utilité sociale, des expériences significatives ou simplement du temps et de l’énergie pour penser.
Sans ces éléments, des salaires élevés ou une richesse nominale peuvent sembler vides. Les taxes, le coût de la vie élevé et le pouvoir d’achat réduit érodent peu à peu à la fois votre liberté et la valeur réelle de votre travail et de votre patrimoine.
Plus important que l’argent : le droit de choisir sa voie
On parle souvent de liberté financière comme du sommet de l’indépendance. Mais en réalité, avoir de l’argent sans pouvoir choisir sa trajectoire reste une cage. Payer plus pour le même bien dans un pays à coût élevé ne diminue pas seulement le pouvoir d’achat : cela réduit l’espace pour décider de sa vie.
Quand chaque dépense est lourde, le risque devient un luxe. Les choix de carrière, d’apprentissage, de projets personnels ou de passions sont guidés par la survie plutôt que par l’envie. Même des métiers valorisés socialement — artisanat, travail manuel, entrepreneuriat, arts — deviennent économiquement inaccessibles si la vie de base coûte trop cher.
En ce sens, le vrai capital n’est pas seulement financier, il est temporel et décisionnel. La possibilité de choisir sa voie, de se former, d’expérimenter et de s’orienter selon ses talents et aspirations, c’est là que réside la liberté réelle. L’argent sert à étendre cette liberté, mais il ne la remplace jamais.
Les compétences, les actifs et la propriété ne sont réellement réels que dans la mesure où ils préservent l’autonomie. Dès l’instant où ils deviennent immobiles, confiscables ou structurellement ponctionnés, ils deviennent conditionnels — symboliques plutôt qu’effectifs.
Pourquoi rester dans un système qui absorbe 50 à 80 % de la valeur que vous produisez, alors que vous pourriez évoluer dans un système où le coût est plafonné à 20 %? L’écart entre 20 % et 80 % est quatre fois plus important — 10 ans d’épargne sous le coût élevé équivalent à 40 ans au taux plus bas avec le même revenu. C’est la différence entre une servitude sans fin et une véritable ascension vers la liberté.
Rappelez-vous : la société préserve sa structure par des mécanismes cachés, ce qui signifie que la position et les opportunités sont les véritables enjeux. À chaque nouvelle technologie ou révolution, les cartes semblent être redistribuées — pour être ensuite progressivement reconfinées et contrôlées à nouveau.
Conclusion
D’un pays à l’autre, certains produits et services restent identiques, tandis que les prix varient parfois fortement.
Ce qui explique cet écart est souvent présenté comme évident, nécessaire ou inévitable. Cet article ne cherche pas à trancher cette question.
Il se contente de présenter les faits côte à côte et de s’effacer. Ce que vous en déduisez — et ce que vous décidez de faire de cette compréhension — vous appartient.
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